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apparemment que le défaut le plus générale-ment reconnu dans le François , & peut-être aus-si celui qu’il conteste le moins, c’elt de s’ou-blier aisément envers ses Supérieurs qui le trai-tent avec quelque bonté. Son esprit vit ne luipermettant pas de réfléchir fur la différen-ce des tenis, des lieux & des personnes, ilsuffit que vous en ayez une fois agi avec luiavec quelque espèce d'égalité, pour qu’il pré-tende toujours en agir avec vous commeavec son égal.
Ce n’est qu’avec bien de la peine, & ense tenant fort réservé, qu’on peut le forcerà rester dans fa sphère. A la vérité, lors-qu’il s’échappe , il est facile de l’y faire ren-trer ; un geste, un coup d’oeil, une mineest suffisent pour cela ; mais le meilleur estde ne pas lui donner lieu de s’écarter , ilen conte trop à un homme poli d’en venirà ces sortes de moyens.
Dès-que l’âge & l’expérience ont mûri leFrançois , il s’obferve un peu plus : mais enattendant, nos jeunes Officiers, qui ne voientpas au-delà de leur nez, ne prennent pasbeaucoup de précautions avec les Soldats,ils sont pairs & compagnons ensemble , &rien n’est si ordinaire que de les voir po-Jiífonner de moitié. _ Delà vient la libertéque le Soldat fe donne de chantonner, &de tourner en ridicule ses Officiers à leur
barbe ;