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François &c. Lett. IV.
barbe ; ce qui est regardé par ceux-ci com-me des gentillefl’es, auxquelles on ne doitfaire attention que pour en rire.
II est vrai qu il seroit difficile d’empêcherle François de chansonner tout le Genre hu-main ; mais quant aux Soldats, rien ne se-roit plus aisé que de leur faire respecterleurs Officiers. II ne faudroit pour celaque leur bien persuader, qu’ils font leursMaîtres ; ou plûtót, il faudroit que Mes-sieurs les Officiers ne leur donnassent pastant sujet de gloser par leur folle condui-te, & par les amusemens frivoles auxquelsils s’abandonnent d’une manière qui les renden effet très ridicules.
II ne doit point y avoir de familiaritéentre l’Officíer & le Soldat. Je ne dis pasque l’Officier ne doive lui parler qu’en gron-dant , non ; je veux, qu’il lui parle avec unecertaine affabilité sérieuse , qui le contente& le tienne dans le respect : mais encoreun coup point de familiarité , elle engendremépris.
Si vitare velà acerba quadmn ,
Et trijìes animi cavere morsns ,
Nulii te facias nimà sodalem ,
Gaudebis minus , U minus dolebis. (a)
II y a une certaine gravité qui convienttrès líicn à un Officier, & qui est comme
la
(a) Martial. Lìb, ir. Epìgr. ^4.