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Lettres françoises et germaniques, ou, Reflexions militaires, litteraires et critiques sur les François et les Allemans : ouvrage également utile aux officiers & aux beaux-esprits de l'une & de l'autre nation / [Éléazar de Mauvillon]
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François &c. Lett. IV.

barbe ; ce qui est regardé par ceux-ci com-me des gentillefles, auxquelles on ne doitfaire attention que pour en rire.

II est vrai qu il seroit difficile dempêcherle François de chansonner tout le Genre hu-main ; mais quant aux Soldats, rien ne se-roit plus aisé que de leur faire respecterleurs Officiers. II ne faudroit pour celaque leur bien persuader, quils font leursMaîtres ; ou plûtót, il faudroit que Mes-sieurs les Officiers ne leur donnassent pastant sujet de gloser par leur folle condui-te, & par les amusemens frivoles auxquelsils sabandonnent dune manière qui les renden effet très ridicules.

II ne doit point y avoir de familiaritéentre lOfficíer & le Soldat. Je ne dis pasque lOfficier ne doive lui parler quen gron-dant , non ; je veux, quil lui parle avec unecertaine affabilité sérieuse , qui le contente& le tienne dans le respect : mais encoreun coup point de familiarité , elle engendremépris.

Si vitare velà acerba quadmn ,

Et trijìes animi cavere morsns ,

Nulii te facias nimà sodalem ,

Gaudebis minus , U minus dolebis. (a)

II y a une certaine gravité qui convienttrès líicn à un Officier, & qui est comme

la

(a) Martial. Lìb, ir. Epìgr. ^4.