Lettres sur les
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profession de bretailler. On est en Francsdans le goût des Livres qui contiennentbeaucoup de Duels, àpeu-près comme lesEspagnols font dans le goût des Livres de Che-valerie. Les Mémoires £ Art agnan sont cheznous ce que YArìojîe est en Espagne, où ilest plus connu qu’en Italie.
Dans la précédente Guerre un CapitaineHollandais se trouvant prisonnier des François,& étant un soir à souper avec de jeunesOfficiers de cette nation , comme ils envinrent à se disputer, selon leur coutume,pour un sujet assez léger, & à vouloir sor-tir pour se battre : N’avez-vous pas honte,leur dit-il, de paraître fi braves contre vous -mêmes , & de fuir comme des Lapins devantvos Ennemis ? Ce Capitaine étoit d’un âge àpouvoir sans risque faire cette réprimandé àde jeunes Foux.
On rendroit un grand service à ces Mes-sieurs , si l’on pouvoit les faire revenir decette fausse idée qu’ils se font de l’Hon-neur ; mais c’est un mal déjà bien invété-ré, & la Cour néglige les moyens les pluspropres à le déraciner. Ce qu’il y a deplus plaisant dans tout ceci, c’est que laplupart de ces Messieurs qui témoignentune si grande démangeaison de ferrailler,font tout stupides dès-qu’on leur montre de lapoudre à-canon & un pistolet, àu-lieu d’uneépée. Cela me fait ressouvenir de cet Empe-reur