François &c. Lett. VI. 73
ne suis pas un grand Grec en matière deGuerre ; mais je m’imagine que si j’avois étéà la place du Comte d 'Alençon , j’aurois faitretirer les Génois derrière la seconde lignepar les intervalles des Escadrons ? & leuraurois donné le tems de se rallier, aprésquoi je les aurois ramenés à la charge. Qu’endites-vous, mon Cher, vous qui entendezcela mieux que moi ? n’êtes-vous pas demon avis ? II me semble qu’il ne faut pasêtre fort expert, pour savoir remédier à cessortes d’inconvéniens.
Continuons seulement : je veux vous fai-re voir que les défaites des François ne fontpresque arrivées que par de pareilles bévuesde leur Généraux. Passons à la fameuseBataille de Poitiers , où le Roi Jean fut faitprisonnier (a). Le Prince de Galles, Fils^Edouard III. Roi à'Angleterre , com-mandent f Armée Angloife. Ce jeune Princes’étant engagé, avec plus d’ardeur que deprudence, fort avant dans le Royaume, fevit bientôt poursuivi par l’Armée de France,trois fois plus nombreuse que la sienne. Leseul parti qu’il y avoit à prendre pour luidans cette extrémité, c’étoit d’empêcher d’ê-tre enveloppé ; c’eít aullì à quoi il pensa :il fe posta dans un endroit près de Poitiers ,où l’on ne pouvoit venir à lui qu’à traversdes gorges & des précipices affreux , qu’ilE 5 avoit