Lettres sur les
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Ceux de la Cour sont les Modèles fur les-quels se forment les Hoberaux, & ceux-cifont à leur tour les Modèles des Petits-Mai-tres Bourgeois. De manière que la moitiédes François font jusqu’à l’âge de quaranteans une Espèce distinguée des hommes or-dinaires. Ce sont des gens qui Rappliquent,du matin au soir, à composer leur parure,leur maintien,leur démarche; & qui s’étudientà inventer de nouvelles grimaces ; qui fonttoujours en mouvement, tantôt marmottantun Couplet, tantôt faisant un Entrechat, ouun Pas de Bourée ; puis s’asséyant tout à coup,pour montrer une tabatière d’un goût nou-veau , ou une canne ; ou pour raisonner deSciences qu’ils ignorent parfaitement, d’Au-teurs qu’ils ne connoiffent pas, le tout en-trelardé de quelques fleurettes à droite & àgauche , & de récits de bonnes fortunes.Voilà le caractère de presque tout ce qu’il ya de Jeunes Gens en s rance , c’est à qui ferale plus fat ; chacun y réussit à fa manière ; &ceux qui se distinguent le plus, font en droitde donner des leçons aux autres.
N’avez-vous jamais lu la Comédie du Fran-çois à Londres ? Il y a un trait qui m’a beau-coup plû ; c’est celui où le Marquis de Polain-vìlie apprend à Milord Houzee quels sont lesendroits qui distinguent un Petit-Maitre deceux qui ne le sont pas. Milord , qui agrande envie de devenir un Joli-Homme,
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