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Lettres sur les
les uns les autres, excepté les Catholiques ,qui ne peuvent souffrir de Concurrens. Deforte que dans un Pays où ils font en quel-que considération , il faut qu’on fe rangeà leurs avis, ou qu’on s’attende à voir bou-leverser PEtat. Les Catholiques ont la ma-rotte de vouloir convertir ; les Protestantsont d’une indifférence admirable sur cet ar-ticle ; & je crois que si la pudeur ne les re-tenoit, ils noyeroient tous leurs Prosélytes.Pour rendre donc l’intérieur d’un Etat pai-sible , il faut ôter aux prémiers les moyensd’exercer leur zèle , & laisser aux derniersla liberté de chanter les Pseaumes en Fran-çois , & d’aller au Prêche. Pour parvenir àce but, il faut réduire les Catholiques à unpetit nombre, & les mêler avec beaucoupde Protestant car fans cela il arrivera commeà Thorn , & comme il eít arrivé en France dèsle commencement de la déformation. Cen’est pas à Louis XIV. que nos Protestantdoivent s’en prendre, s’ils ont été proscrits ;c’est à leur petit nombre , à la supérioritéque les Catholiques avoient fur eux de cecôté-là ; & enfin au zèle outré, ou , sivous voulez, à la haine qu’ont ceux-ci pourtout ce qui ose entrer en concurrence aveceux. Malgré les foins qu'H e n rìi IV. avoitpris de prévenir les Guerres Civiles par sonEdit de Nantes , cela a-t-il empêché que
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