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François &c. Lett. XII.
sous son Règne & sous celui de son Fils,on n’en l'oit venu quelquefois aux prises ?Ce n’étoit pourtant pas les Frotejhms qui com-mençoient, car il taut leur rendre cette justice.Qu’on leur laisse les Prêches & les PíèaumesFrançois , ils font tranquilles Citoyens, & fidè-les Sujets. Mais si on veut leur ôter cela, ilsont pour maxime de désobéir plutôt au Prin-ce qu’à Dieu ; & cette maxime est trop Chré-tienne pour être reçue comme un Axiomedans le Cabinet des Princes ; on la regardecomme un signal de Révolte, & ceux qui laprêchent sont traités de Rebelles. Je nepousserai pas plus loin mes réflexions fur cesujet. J’ajouterai seulement, que si l’on peutl’accuserde quelque chose, c’est d’avoir eutrop d’ambition, d’avoir voulu, non seule-ment ôter toute apparence de liberté à sesSujets, mais même opprimer celle de ses Voi-sins ; d’avoir employé, pour y parvenir , desmoyens si funestes ; d’avoir fait périr des mil-lions d’hommes, & apauvri ses Peuples pardes Guerres inutiles, entreprises fans autrelégitime cause, que ce désir insatiable de faus-se gloire, & cette envie démesurée de domi-ner par-tout. II auroit sans doute mieuxfait, si, après avoir assuré les Frontières deson Royaume , content de commander à unvaste & florissant Etait, il s’étoit appliqué ày faire régner la paix & l’abondance , à main-tenir la concorde parmi ses Sujets, bien loin
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