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Lettres sur les
de mátiner leurs consciences. Peut-étre au-roit-il tenu cette conduite , si , enflé de quel-ques succès, & obsédé continuellement parune foule de Flatteurs, qui ne lui promet-toient pas moins que la conquête du Monde,il eût suivi son tempérament, naturellementporté à faire du bien. La haine que ce Prin-ce avoit conçue contre les Réformés , n’étoitpoint l’effet d’une aversion naturelle ; maiselle naisiòit des soupçons qu’on lui-avoit in-spirés contre leur fidélité ; du faux héroïsme,& des conquêtes chimériques dont ses Flat-teurs le berçoient continuellement ; & en-fin de l’idée qu’on lui avoit donnée que ceseroit la plus belle action de fa vie, s’il ve-noit à bout d’une chose que ni FrançoisI, ni Henri II, ni ses trois Fils, ni Hen-ri le Grand, niLouis XIII, n’avoientpu exécuter malgré tous leurs efforts. A-joutez à toutes ces raisons, qui piquoientfa vanité, certains remords de conscience,qu’on lui faisoit entendre qui ne pouvoients’appaiser que par l’extirpation de l’ Hérésie.
Mais pour vous convaincre que la clé-mence de Louis XIV répugnoit à la de-struction de tant d’Innocens, & qu’il n’enseroit jamais venu à de si cruelles extrémi-tés contre eux , s’ils n’avoient eu des en-nemis cachés qui l’envenimoient tous lesjours davantage, jettez les yeux fur l’Hi-ítoire de son Règne.. Vous y verrez que
lors-