François &c. Lett. XII. 20z
lorsque la Cour eut résolu de supprimer laChambre de P Edit (a), les Réformés lui dépu-tèrent le $r. du Eofc Ministre de Caen. IIeut Ihonneur de parler au Roi, & il le fitavec tant d’éloqucnce & de force, que cePrince en fut tout attendri, & il sulfura qu’ilempêcherait bien qu’on ne passât outre,avouant qu’on avoit surpris son équité , enlui cachant les suites de cette affaire. Ausortir de saudience, le Roi passa dans l’ap-partement des Reines, & dit tout haut qu’ilvenoit d’entendre l’homme le plus éloquentde son Royaume, qui lui avoit prouvé clair& net que la Suppression de la Chambre dePEdit étoit une injustice énorme qu’on íâi-soit aux Protestant , & finit en disant qu’ilfalloit que ces pauvres gens eussent des en-nemis cachés. Mais toutes ces belles réfle-xions ne purent tenir contre la malice &les ruses de ceux qui avoient juré la pertedes Protestant. Cependant ceux-ci ont tou-jours regardé Louis comme fauteur detous leurs maux, excepté deux ou trois deleurs Ecrivains, qui, plus sensibles au plai-sir de dire la vérité qu’à celui de se venger,ont reconnu que les Cafars y avoient eu plus
de
(a) On appelloit ainsi une Chambre de Ju-stice compoíee de Juges Protestant, pour jugerles causes de ceux de leur Religion en dernierressort. Elle avoit été accordée sax ReformésP Edit de Nantes .