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Lettres sur les
„ souvenir, & engagé dans une Guerre„ très-difficile & très embarrassante, ne vou-„ lut jamais donner les mains à une entre-„ prise d’une extrême importance - & capa-„ ble de finir une guerre ruineuse, assez„ mal conduite , & par conséquent assez„ malheureuse. La première décidoit de 17-„ talie & de la ruine du Roi de Sardaigne :„ c’étoit d’inonder le Pô par YAdige , & d’enM couper la digue dès-que l’Année du Prin-„ ce Eugene eut pasté cette Rivière : mais„ Mr. de Vendôme, qui en avoit écrit„ à la Cour, au cas que le Général de l’Em-„ pereur choisît cette route plutôt qu'une» autre, reçût ordre de n’en rien faire.„ On supposa à la Cour que c’étoit faire„ périr une infinité de Peuples, c'elì en„ quoi l’on se trompoit. Qiiant à l’autre„ projet, il étoit plus grave, Sc c’étoit dans„ un tout autre Pays. J’avoue qu’à l’égard„ de celui-ci, les calamités du Palatinat n’en„ approchoient certainement pas. II s’agis-„ soit de ruiner tout un Pays, de le mettre„ fous l’eau, & de l’accabler fans ressource.
II y a apparence que fi ce Monarque nes’est jamais repenti des calamités de ses Su-jets Protejìans, c’elì qu’il crut toujours avoirfait un sacrifice agréable à Dieu, en luiimmolant tant de victimes , & préférant,selon lui, les intérêts de PEgliíe k ceux
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