2io Lettres sur les
„ l’avouer, n’en attribuons la gloire qu’à lui„ uniquement. II faudroit une postérité plus„ reculée , ou une plus grande liberté de„ parler, pour prouver cette vérité.
Louis XIV. a donc été un grand Mo-narque , on ne sauroit le nier. II avoit sesdéfauts : mais , Quel Homme sans défaut , Uquel Roi fans foiblejfe ? J’ajouterai j avant quede finir cette Lettre, que je trouve beaucoupde rapport entre Louis XIV. &Auguste-Cesar. Son Règne fût, comme celui decet Empereur, la Saison des Arts & le Siè-cle des Beaux - Esprits. II naquit fous l’un& fous l’autre une foule de Grands-Hommes.Louis eut des Ministres qui furent aussi lesProtecteurs des Muses, & Colbert à cet égardvaloit peut-être Mécène. Le MonarqueFrançois fût plus heureux en Généraux, s’en-tend pendant les prémières années de sonRègne ; mais fur la fin les Varus ne lui man-quèrent pas ; & il auroit bien pu alors ( pourachever fa conformité avec Auguste) fefrapper la tête contre les murailles (a) &crier , Tallard , rens-moi mes Légions. Villeroi,Tejfé , Mars n , rendez - moi mes Bataillons. 11y a beaucoup de différence entre ces deux
Monar-
(a) Personne n’ignore la douleur excessiveú ’Auguste en aprenant la défaite totale de Pim-prudent Farm , & des Légions Romaines tailléesen pièces par les Germains , ancêtres de ceux quiont fi souvent battu les Farm de notre siècle.