François &c. Lett. XIII. Lis
vous semble-t-il pas que Mr. de Voltaire aitmieux soutenu la dignité de son Héros danscette séparation d’avec sa Maîtresse , queVirgile n’a soutenu celle d’ENE E, lorsqu’ils’agit de l’arracher d’auprès de Didon ? IIfaut pour y parvenir , que le Poëte Latin aitrecours au prodige. II introduit un Ambas-sadeur du Ciel, qui vient menacer Ene'ede la part de Jupiter ; & ce bon Roi nes’arme de résolution, qu’après avoir été frap-pé de crainte. Le Poëte François s’est biengardé d’avoir recours à de pareils moyenspour détacher Henri IV. d’une passioninsurmontable au commun des hommes. IIa senti que ce seroit avilir ce Héros, que delui prêter un esprit susceptible de crainte &livré à la superitition. II auroit pu amenerun Ange du Ciel pour l’endoctriner , & celan’auroit pas été plus absurde que les rêve-ries du Tasse , ou de YArioste : mais il a prisune voie plus íìmple, plus naturelle, & enmême teins plus digne de son Héros. Etc’eít ici, mon Cher, que j’admire Padressede Mr. de Voltaire. Marnai paroit, celaluisît : HENRI le Grand rentre en foi-mê-me , reconnoit fa foiblesse , la condamne ;& fans délibérer davantage, part fur le champ,comme s’il vouloir réparer par cette pré-cipitation , la honte qu’ìl a d’avoir pu ou-blier dans les bras de P Amour les intér-êts de fa gloire & de fa réputation. Remar-O 4 quez