ri8 Lettres sur les
Voilà, mon Cher, le caractère du vrai Hé-ros. Je n’apperçois dans Achille qu’unGladiateur féroce, un Barbare, qui, noncontent de la défaite de son Ennemi, exerceencore mille indignités fur son cadavre , quine devoit exciter en lui que de la pitié. IIest vrai que Voltaire ne pouvoit guères re-présenter autrement Henri le Grand , ceMonarque ayant été réellement tel qu’on levolt dans la Henriade. Mais ne peut-on pasdire, sauf le respect dû à l’Antiquité , qu’il aété du moins plus judicieux dans le choixde son sujet qu 'Homère ? II ne me le paroitpas moins dans le choix de ses Episodes. LeSonge d’HENRi IV. me semble vrai, par-ue qu’il est vraisemblable. Mon esprit se ré-volte de voir dans Homère une Troupe deDieux blessés à coups de flèches ; dans Vir-gile , un Roi errant qui quite ses meilleursAmis pour aller faire un tour aux Enfers ;chez le TaJJe une Troupe de Diables & Dia-blotins qui bouleversent tout l’Univers parleurs enchantemens. J’en dis de-même duParadis Perdu , Ouvrage que j’admire bail-leurs comme le plus beau que l’Esprit Hu-main ait produit dans ces derniers te ms; maisoù je ne puis souffrir que des Anges, c’est-à-dire des Substances Spirituelles , se livrentdes cpmbats, & se fassent de grandes balafresà coups de sabres. Ces Figures hétérogènesfont tout-au-plus supportables dans des Contes
de Fées ,