François &c. Lett. XIII. 219
de Fées , inventés pour amuser des Vieillesou des Enfans ; mais l’Auteur d’un Poème E-pique ne doit jamais oublier qu’il a affaire àd’autres Lecteurs. Les Comparaisons sont ra-res dans la Henriade , mais elles sont simples &naturelles. On n’y voit point de Roi en colè-re , comparé à une andouille qu’on fait gril-ler , & les Conseillers d’un autre Roi à dessauterelles. Virgile à-la-vérité n’est pas tombédans cette espèce de burlesque ; mais il a quel-quefois des images qui ne font pas moins énor-mes. Telle est celle de la Discorde qui a la tê-te dans le Ciel & les pieds fur la Terre. Mil-ton toujours esclave de ces deux modèles, &Anglois pour les Comparaisons, quand il veutdonner une idée de la lance de Satan, dit quele plus haut pin coupé fur les monts de Norvvégepour être le mât de quelque grand Amiral , auroìtparu unfoible roseau en comparaison de cette lance.Je vous défie d’imaginer quelque chose dcplus prodigieux. Ces deux images pour-roient figurer dans le fade Roman de Gulliver.Celles de Voltaire sont plus simples, plus con-formes à la Raison, & peut-être plus touchan-tes : tel est cet endroit où il décrit le Templede l’Amour.
Les plaintes , les dégoûts , ^imprudence, la peurFont de ce beau séjour un séjour plein d'horreur :La sombre jalouse, au tein pâle Çf? livide,
Suit d’un pied chancelant le soupçon qui la guide,
Main-