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Lettres sur les
on est malade pour peu qu’on en boive. Nele croyez pas ; car vous le verrez boire com-me un Templier de ces mêmes Vins, s’ils nelui coûtent rien. Je l’ai expérimenté plu-sieurs lois. J’ai vu de vos Seigneurs AUe-
mans , qui, lorsccessoient de décFricassées, les
u’ils donnoient à manger, neamer contre les Ragoûts, les, Pâtés François ) & les Vins deFrance ; & qui , lorsqu’ils étoient invitéschez quelqu’un qui avoit Cave & CuisineFrançoise , mangeoient comme quatre & bu-voient à proportion.
Vous me dires peut-être que vous avezappris des autres Nations à économiser. Jeréexaminerai point fì cela est vrai, ou non ;mais il est certain qu’on ne peut vous dispu-ter la gloire de surpasser vos Maîtres decent piques, & que dans un béfoin vouspourriez donner des leçons d’avarice auxItaliens mêmes. Quoique je parle à la se-conde personne, ceci ne vous regarde point ;nul ne connoit mieux que moi jusqú’où vavotre générosité, & de ce côté-ïà vous n’ê-tes pas plus Allemand que Voltaire est Françoisdu côté de la prévention.
Autrefois il n’y avoit point de Peupleplus hoipitalier que les Allemans (a), c’é-
toit
(a) Convictibus & hofpitiis non alia gens efftt-jitts indtílget. Qttemcsímqae mortalìum arcereteílo , nef as habetur ; pro forma quifque appara'tis epulis , accipit. Tac. ubi supra.