Allémans &c. Lëtt. II. 2sz
Parmi les anciens Allmans l’Epoufe n’ap-portoit point de dot à l’Epoux, mais c’étoitl’Epoux qui dotoit l’Epoufe. Aujourd’huice n’est plus cela. Les Filles qui n’ont rienen Allemagne , peuvent faire vœu de Virgini-té , personne ne les demande en mariage, jeparle des gens au dessus du commun ; &quoique les Filles de qualité y soient en gé-néral assez médiocrement dotées, néanmoins,fí elles n’ont rien du tout, elles courentgrand risque de mourir filles. La beauté &les grâces font comptées pour peu de choseen Allemagne , lorsqu’elles font confonduesavec la pauvreté.
II n’y a point de Pays au Monde où lesmariages d’inclination ayent moins heu quedans celui-ci, ni où ils soient plus blâméslorsqu’il s’en fait quelqu’un par hazard. Oncroira peut-être que c’eít-là une marque desagesse : ce seroit faire tort à la prévoyanteéconomie de Mrs. les Allemam. II arrivesouvent en France que les Seigneurs se mé-sallient , qu’ils épousent des Vieilles ou desLaides ; mais ils n’en viennent à ces extré-mités , que lorfqu’ils sont ruinés, & qu’iln’y a plus d'autre moyen de réparer leursaffaires délabrées. Un Allemand déjà riche
E ar lui-même , & dont les affaires sont enon état, épousera une Vieille, une Lai-de , & tout ce qu’il vous plaira, dès - qu’onlui fera briller de l’Or. Toute la différen-ce