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Lettres françoises et germaniques, ou, Reflexions militaires, litteraires et critiques sur les François et les Allemans : ouvrage également utile aux officiers & aux beaux-esprits de l'une & de l'autre nation / [Éléazar de Mauvillon]
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2f4 Lettres sur les

ce qu’il y a donc entre eux, c’est que le pre-mier fait par nécessité , ce que l’autre ne faitque par avarice. Combien n’avez-vous pasde Gentilshommes qui meurent dans le cé-libat , pour n’avoir pas pu trouver uneFemme assez riche à leur gré. Proposezà Mr. le Baron de N. qui a vingt mille rix-dales de rente par an, d’épouser la belleFreule de * * * qui n’a rien. Vantez - lui fabeauté, fa douceur, son esprit, ses ma-nières. Cela est bel çst bon , vous dira - 1 - il,mais quand on ria pas autre chose on risque demourir de faim. O la belle chose que la pré-voyance !

L’Adultère étoit très rare (a) chez les an-ciens Germains , & lorfqu’il s’en commettoitquelqu’un , il étoit auílì-tôt suivi du châ-timent. II faut distinguer aujourd’hui furcet article les Allemans d’avec les AUemans.Dans les Etats Catholiques de ce vaste Em-pire , il est certain que l’Adultère y est plusfréquent, que chez les Protestans. La rai-son en est facile à deviner : c’est que lesPrêtres & les Moines n’ayant point de Fem-mes , & étant bien aise de trouver ailleursce que leur Profession leur défend d’avoirchez eux , n’infpirent pas pour l’Adultèretoute l’horreur qu’il mérite. Au - lieu queles Ministres Protestans ayant chacun leur

Fem-

(a) PaucìJJima ìn tam numer osa gente adultérin,quorum jpœna prœstns, . . . lac. ib id.