Allemans &c. Lett. IV. 28 l
je me trouve dans la compagnie de vosGrands. Ce pauvre Ecuyer du Chevalierde la Manche ne fut jamais plus gêné dans faSouveraineté, que je le fuis dans ces sortesd’occasions. Le moindre écart, la moindreliberté , tout est manque de respect avec vosMatadors, qui ne fe croient honorés qu’à pro-portion de la contrainte où l’on est avec eux.
II y a des gens aimables en Allemagne , ilsn’y font même pas si rares qu’on pourroitfe l’imaginer ; mais difons-le à 1 honneur desFrançois, ils l’emportent en général de cecóté-là fur les Allemans. Un homme fier ,grave, hautain, sérieux dans le plaisir, estplus difficile à trouver en France, que soncontraire ne Test en Allemagne. Ce JPays-cicontient nombre d’Originaux dans le genresérieux & fier, qu’on auroit de la peine àimiter. Dieu préserve tout honnête-hom-me de la fierté d’un Comte Autrichien , decelle d’un Gentilhomme de Bohême, & del’humeur brusque d’un Baron Prussien. BonDieu ! les ennuyeuses gens que la plupart devos Comtes médiats OU immédiats de ïEmpire.Que de titres ! que de courbettes ! que decérémonies ! que de baisemens de mains k& à Mesdames les Comtesses il faut leurbaiser le pan de la robe. La méthode desAngloà est bien plus jolie, on baise leursFemmes au visage. Parlez-moi de cela, onne risque pas de donner du nez à terre,S 5 com-