3io Lettres sur les
tres s’enfuyoient à là campagne dans desmaisons où l’on avoir pratiqué des endroitssecrets nommés Ergajhtla , où ils se cachoientpendant qu’on enróloit du monde, & oùil étoit très difficile de les dénicher. Au-cun des Ennemis des Romains ne s’est pour-tant, que je sache, avisé de leur reprochercela, comme une marque de lâcheté : par-ue qu’il étoit évident que la pusillanimitéde quelques Particuliers ne pouvoit êtreimputée à tout un Peuple, qui avoit tantdonné de marques de valeur. Je laisse àvotre équité le foin de faire l’appjication,revenons aux Alíemans.
En vérité, mon Cher, je ne puis souffrirle commerce que vos Princes font de leursSoldats. Les Anglais vous l’ont reprochémille fois (a). Ils ont trouvé mauvais quel’on vendît des Troupes au plus offrant,& que l’on sacrifiât la vie de plusieurs mil-liers d’hommes pour quelques milliers d’é-cus. C’est en effet abuser d’un droit quin’a été accordé aux Souverains que pourla défense de leurs propres Etats. Le sangde dix mille Soldats versé au service de laHollande dans la Guerre pour la Succession$ Espagne , a mis le Roi de Dannemarc enétat de se loger un peu plus commodé-ment qu’il n’étoit ; & l’on a vu avec éton-
1 ’Ein-
(a) La dessus un Livre intitulé L ’Etat présentdtt Damtemarck ^composé par un Anglais.