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Lettres françoises et germaniques, ou, Reflexions militaires, litteraires et critiques sur les François et les Allemans : ouvrage également utile aux officiers & aux beaux-esprits de l'une & de l'autre nation / [Éléazar de Mauvillon]
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338 Lettres sur les

ment. II n’en est pas ainsi en François. LaPréposition des signifie toujours le contraire,& jamais autre chose : apprendre, désapprendre ;unir, désunir &c.

Les Aìlemans se piquent de parler leur Lan-gue fans y mêler des mots étrangers. II ya quelques années qu’on ne diíòit pas quatreparoles d 'Allemand fans en dire deux deFrançois , c’êtoit le bel Usage. Les Savans sedéclarèrent contre cet abus ; on vit paraîtreune infinité de plattes turlupinades pour letourner en ridicule ; un Souverain en fit uneastaire d’Etat, & défendit, fous une aman-de pécuniaire , de mêler des mots françaisdans l’ Allemand. Qu’en est-il arrivé? Il afalu inventer de nouveaux mots pour supléerà ceux qu’on a bannis, on a augmenté rem-barras & les équivoques , parce que cesmots de nouvelle fabrique font composésde plusieurs autres, qui tous ensemble neforment qu’une signification vague & géné-rale. Par exemple , les iíem,uts fe serraientautrefois de notre mot Laquais , pour ex-primer un Domestique qui fuit l'on Maîtrelorfqu’il fort de chez lui : aujourd’hui ils di-sent Mach- Tresser , c’est-à-dire , un Hommequi marche derrière. Y a-t-il rien au mondede plus vague? Quand on demande aux Aile-mam les raisons de cette proscription : c’eít,difent-ils, que notre Langue est si abondan-te qu’elle n’a pas besoin du secours des au-tres