Allemans &c. Lett. IX. 339
tres pour exprimer tout ce qu’elle veut. Ce-la est faux. \J Allemand , quoique très abon-dant , est; cependant très pauvre. Commentaccorder cela? le voici. On a dans cetteLangue plusieurs mots pour exprimer unemême chose ; mais il y a une insinité de cho-ses qui n’ont pas de nom propre en Allemand,& qu’il faut exprimer par des mots étran-gers , ou par des périphrases, ou par desmots composés. La raison qui fait que lesAllemans rejettent les mots étrangers, eít quela terminaison Allemande est iì singulière,qu’elle ne peut s’accommoder de celle des au-tres Langues. En François on s’accommodefort des terminaisons étrangères, on y fait unpetit changement, en un mot on les Franci-se de façon qu’il est difficile de reconnoîtreleur origine. Ainsi la Langue Françoise ayantplusieurs terminaisons aisées & douces, peuts’approprier les mots des autres Langues, &se les naturaliser de manière qu’on diroitqu’ils lui ont toujours appartenu. II n’enest pas de même en Allemand : les terminai-sons y font en petit nombre , & font bail-leurs si barbares qu’il est impossible d'y gref-fer des mots étrangers. Tous les VerbesAllemans , fans en excepter un seul, se termi-nent en en , la plupart des Substantifs en afft,& les Adjectifs en lìch. Dans le prémier casils se tirent assez bien d’affaire , en ajoutantiren à la sin de tous les Verbes étrangers ;
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