pi C L E K M O N T.
le Duc , toujours extatique , se mit à ge-noux j & lui demanda sa bénédiction.L’autre s’en excuse fur son habit de Cam-pagne > & fit tout ce qu’il put pour le fai-re lever. Enfin , pressé par le Duc, quile retenoit par le bras. „ Monsieur, lui„ dit-il, puisque vous le desirez avec tant„ de passion , je vous donne ma compassion.C’est un des meilleurs mots que M. deNoyon ait dits en toute se vie.
II ne s’est jamais fait un plus beau por-trait de feu M. de Noyon , ni qui luiressemblât mieux que celui que M. T Ab-bé de Caumartin en fit àl’Academie Fran-çoise le jour que ce Prélat y fut reçu. C’estbien dommage que ce Discours n’ait pasété imprimé * : car c’est un chef d’œuvre.La cause qui s’en dit, est que M. de No-yon qui en avoit été charmé ce jour-là,pria , le lendemain , Messieurs de l’Aca-démie de le suprimer, ses amis l'ayant a-verti, qu’il se disoit partout, que P Abbél’avoit blasonné depuis les piez jusqu’à latête. En eset, qui voudra bien peser lesens des paroles, conviendra que chaquelouange est un reproche que l’Abbé lui fait
de
* II est vrai que ce Discours n’a jamais été im-primé à Paris , mais il l’a été à Amsterdam en1709. dans le Recueil des Harangues de MeJJìeunde l'Académie Tranfoise , Tom. II. p. 4+0.