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Les avantures de Pomponius, chevalier romain, ou, L'histoire de notre tems / [Verf.: Labadie; Hrsg.: Prévost]
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sils étoient coupables ; mais les ministres répon-dirent , quon les avoit éloignez pour des chosesqui demandoient le secret.

Pendant qnelarmée agisìòit en Jbcrïe, le Princed tRelostn cherchoit à charmer le chagrin que luiavoit donné cette conjuration, chez la PrinceíTeJerdreb sa fille, qui joignoit â une beauté dignede son rang tous les agremens dun esprit bien fait;un jour que le Prince se delaíïoit chez elle des pei-nes du cabinet, il se sentit frappéd'un furieux malde tête ; ensuite la fluxion se déchargeant surloeil,elle lendommagea si sort, que les médecins cru-rent quil le perdroit ; il en avoit de j a sacrifié unau bien de l'etat; quand on vit le péril ou étoitiautre, chacun en raisonna à íà maniéré; & leChancelier fut dispensé de faire le sceau, pour avoirdit indiscrètement que, si le Prince de Rclosan étoitaveugle, il falloit choisir un autre Prince pour gou-verner letat ; Relosan, qui apprit les lêntimens duChancelier dans les plus vives douleurs de son mal,lui envoya un Secretaire detat prêt à tout faire,pour lui redemander les sceaux * le Chancelier, quidailleurs étoit aussi disgracié de la vue, affeéla dcles rendre avec moins de peine qu'il nen avoit euales recevoir; le peuple toujours médisant, fit cou-rir une histoire désavantageuse au Prince, au sujetde sa blessure; il aimoit, disoit-on , inutilementune dame de la suite de la Princesse Jerdreb ; il dé-clara fa passion à íà fille, & la pria de seconder sesinclinations; la Princesse sort obéissanteaux ordresde son cher Papa, di t à la dame quelle vouloir pas-ser une après-midi avec elle ; la dame reçut cettefaveur avec action de grâce; quand elle fut arivée,la Princesse envoya un page prier son pere de lavenir voir , & quil ne perdroit point fès pas ; lePrince vient; quand la Princesse lentend entrer,elle se leve, & passant par derriere la chaise dc la

dame.