XXXV
PRELIMINAIRE.
d’une Histoire Ecclésiastique : mais alors il y auroit àcraindre que l’attention que l’on préteroit à divers objetsconsidérables , ne suspendît celle que l’on doit avoir pourl’histoire de la Religion. Le plus sûr est donc de les di-viser.
C’est ainsi que l’on doit entreprendre l’étude de l’Hi-stoire moderne, c’est-à-dire depuis l’Ere Vulgaire ou Chré-tienne ; & l’on peut interrompre pour quelque temps lalecture de l’Histoire Romaine, quoiqu’elle lòit en quel-que forte l’Histoire générale de toutes les nations, non-leulement depuis Auguste jusqu’au cinquième siécle, maismême depuis que Jules-César a commencé d’avoir partau gouvernement de la République.
Je sçai que le cours de chaque siécle pourroit tenirlieu d’Epoque , cependant tous ne font pas égalementfertiles en événemens favorables ; outre cela seize épo-ques m’ont paru aller trop loin j j’ai donc crû me de-voir resserrer, & j’ai divisé tout le corps de cette Histoi-re en SIX EPOQJJES, prises indifféremment del’histoire Ecclésiastique & de l’histoire Civile : mais tou-tes font distingées par des caractères particuliers , & quidemandent plus ou moins de foin , selon les vûes que l’onpeut avoir , ou selon l’état que la providence nous a faitembrasser. C’est ce que j’aurai foin de distinguer dansl’e-xamen que j’en ferai dans ce Chapitre & dans le suivant.
PREMIERE ÉPOQUE.
NAISSANCE DE JESUS-CHRIST.
L E commencement de cette première Epoque est tinecontinuation de l’histoire Sacrée de la Religion.On y volt méme l’accomplilsement de toutes les Pro-! phéties , finis legis Cbriftus , l’Ecriture nous le marque ;| Jesus-Christ est le terme, où l’ancienne Loy devoit abou-tir , c’est le but que la Divinité s’étoit proposé pour lerétablissement du genre humain. Mais pour y réussir ilfaut s’y prendre d’une maniéré à ne point entrer dans ces_____c ij