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la pratiquer on étoit oblige d’entrer souvent dans la re-traite. C’est ce qui occasionna dans cet intervalle tant defondations de Monastères & d’Abbayes ; il fembloit qu’iln’y eut de salut à espérer que dans ces Communautés. Laferveur cependant du premier institut ne tarda guéres àdégénérer. 11 n’y eut plus que le nom qui distingua lesMoines du reste des Fidèles ; c’étoient à la vérité à’autresoccupations ; mais c’étoient les mêmes passions, & plusvives encore dans ces hommes retirés que dans les gensdu monde. Tout enfin fut porté au point que dans lafuite on consuma plus de temps & de moyens à reformerles Moines pour les obliger à vivre chrétiennement, qu’iln’cn fallut employer pour y porter le reste des Fidèles.
QUATRIEME EPOQUE.
HUGUES CAPET
SUR LE TRÔNE DES FRANÇOIS.
I L faut toujours continuer la même lecture ; les mauxdont l’Eglise est affligée ne doivent pas nous en dé-j tourner , on y verra de temps en temps renaître de beaux■jours. Ce fera toujours la même Eglise ; mais souvent ceseront d’autres moeurs. La révolution qui agite la plu-part des membres, ne sçauroit prendre sur le corps engénéral. On le remarque par le nombre infini de Con-ciles que l’on se vit contraint d’assembler, pour ramenerles Chrétiens à la pratique des anciennes Régies. J’encompte plus de 900. en moins de trois siécles que duracet intervalle ; c’cst-à-dire depuis l an 987. jusques en1175. L’Eglise pouvoit-elle donner plus de marques de! son zélé pour le salut de ses enfans. Cependant on voit' paraître allez souvent des Chefs vertueux & comparablesi à ceux des premiers siécles; mais on se contente d’admi-; rer leurs vertus ; & c’est encore beaucoup que l’on ne fut! pas toujours porté jusques à les persécuter.