34 -6 Prosodie Françoise.
„ tonnant, si l’on considère que les Auteurs dej, son rems se piquoient, non pas simplement d’é-„ crire, mais de buriner, & de sculpter leurs ou-„ vrages. Isocrate employa dix années,au moins,„ à composer son (a) Panégyrique. Platon,à l’à-,, ge de quatre-vingts ans, retouchoit encore íes„ Dialogues, & fans cesse travailloit à y mettre,, de l’élégance. Quoi, ne loue-1-on pas un Pein-„ tre, un Graveur, de rechercher leurs ouvrages„ avec la dernière exactitude? Un Orateur doit,„ à bien plus forte raison, se donner les mêmes,, foins. Outre que ces soins ne font, ni pénibles,„ ni ingrats,du moment que l’expérience les rend„ familiers : Lc sur-tout lorsqu’à l’exemple de Dé-„ mosthène, une jeunesse studieuse aura bien fait„ tout ce qu’il faut pour sc former le goík & l'o-„ reille.
Ainsi parle Denys d’Halicarnasse; & assurémentles sages réflexions de ce savant Critique pour-roient n’être pas inutiles dans le siècle où noussommes, bien différent de ce siècle où l’on nesouffroir que des ouvrages sculptés <& burinés. Onveut trop écrire aujourd’hui, on ne veut prendreni le tems, ni les soins nécessaires pour produiredu bon j & parce qu’on lit peu les Originaux, peude gens ont I’idée du parfait. Au moins ne devroit-on pas négliger ce qui résulte plutôt de l’art, quedu génie. On n’est pas maître de sc donner des talens;on est maître de se donner des connoissances, quitoutes seules, à la vérité, ne feront pas un bonEcrivain, mais fans lesquelles aussi on ne sauroit
bien
Çfí) On fil r que le Panégyrique d’Isocrate n’est pas l’E-loge de c:t Orateur , mais le 1 itre d’une de ses plus fameu-ses Oraisons :& c’est un terme consacré en notre Langue,comme l’a remarqué Mr, Despreaux sur le Chap. UÏ, deLongin.