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Germinal / par Émile Zola
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LES ROUGON-MACQUART.

Par ici, dit Maheu à Étienne. Vous ny êtes pas, nousavons à faire deux bons kilomètres.

Les ouvriers se séparaient, se perdaient par groupes,au fond de ces trous noirs. Une quinzaine venaient desengager dans celui de gauche ; et Étienne marchait ledernier, derrière Maheu, que précédaient Catherine, Zacha-rie et Levaque. Cétait une belle galerie de roulage,à travers banc, et dun roc si solide, quelle af&it eubesoin seulement dêtre muraillée en partie. Un par un,ils allaient, ils allaient toujours, sans une parole, avecles petites flammes des lampes. Le jeune homme butait àchaque pas, sembarrassait les pieds dans les rails. De-puis un instant, un bruit sourd linquiétait, le bruit loin-tain dun orage dont la violence semblait croître et venirdes entrailles de la terre. Etait-ce le tonnerre dun ébou-lement, écrasant sur leurs têtes la masse énorme qui lesséparait du jour? Une clarté perça la nuit, il sentittrembler le roc ; et, lorsquil se fut rangé le long du mur,comme les camarades, il vit passer contre sa face ungros cheval blanc, attelé à un train de berlines. Sur lapremière, tenant les guides, Bébert était assis ; tandisque Jeanlin, les poings appuyés au bord de la dernière,courait pieds nus.

On se remit en marche. Plus loin, un carrefour se pré-senta, deux nouvelles galeries souvraient, et la bande sydivisa encore, les ouvriers se répartissaient peu à peudans tous les chantiers delà mine. Maintenant, la galeriede roulage était boisée, des étais de chêne soutenaient letoit, faisaient à la roche ébouleuse une chemise de char-pente, derrièrelaquelleonapercevaitles lames des schistes,étincelants de mica, et la masse grossière des grès, terneset rugueux. Des trains de berlines pleines ou vides pas-saient continuellement, se croisaient, avec leur tonnerreemporté dans lombre par des bêtes vagues, au trot defantôme. Sur la double voie dun garage, un long