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LES ROUGON-MACQUART.
très, qui résonnait comme un porte-voix gigantesque.
Les galibots devaient se reposer, car ils ne répondaientni l’un ni l’autre. A tous les étages, le roulage s'arrêta.Une voix grêle de fillette finit par dire :
— Y en a un sur la Mouquette, bien sûr t
Des rires énormes grondèrent, les herscheuses detoute la veine se tenaient le ventre.
— Qui est-ce? demanda Étienne à Catherine.
Cette dernière lui nomma la petite Lydie, une galopinequi en savait plus long et qui poussait sa berline aussiraide qu’une femme, malgré ses bras de poupée. Quant àla Mouquette, elle était bien capable d’être avec les deuxgalibots à la ibis.
Mais la voix du receveur monta, criant d’emballer.Sans doute, un porion passait en bas. Le roulage repritaux neuf étages, on n’entendit plus que les appels régu-liers des galibots et que l’ébrouement des herscheusesarrivant au plan, fumantes comme des juments tropchargées. C’était le coup de bestialité qui soufflait dansla fosse, le désir subit du mâle, lorsqu’un mineur ren-contrait une de ces filles à quatre pattes, les reins enl’air, crevant de ses hanches sa culotte de garçon.
Et, à chaque voyage, Étienne retrouvait au fond l’étouf-fement de la taille, la cadence sourde et brisée des rive-laines, les grands soupirs douloureux des haveurs s’ob-stinant à leur besogne. Tous les quatre s’étaient mis nus,confondus dans la houille, trempés d’une bouc noirejusqu’au béguin. Un moment, il avait fallu dégagerMaheu qui râlait, ôter les planches pour faire glisser lecharbon sur la voie. Zacharie et Levaque s’emportaientcontre la veine, qui devenait dure, disaient-ils, ce quiallait rendre les conditions de leur marchandage désas-treuses. Chaval se tournait, restait un instant sur le dos,à injurier Étienne, dont la présence, décidément, l’exas-pérait.