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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

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taient, en disant quils étaient bons juges de leur sécu-rité, il semporta.

Allons donc ! quand vous aqrez la tête broyée, est-ce que cest vous qui en supporterez les conséquences ?Pas du tout I ce sera la Compagnie, qui devra vousfaire des pensions, à vous ou à vos femmes... Je vous ré-pète quon vous connaît : pour avoir deux berlines de plusle soir, vous donneriez vos peaux.

Maheu, malgré la colère dont il était peu à peugagné, dit encore posément :

Si lon nous payait assez, nous boiserions mieux.

Lingénieur haussa les épaules, sans répondre. Il avait

achevé de descendre le long de la taille, il conclut seule-ment den bas :

Il vous reste une heure, mettez-vous tous à labesogne ; et je vous avertis que le chantier a trois francsdamende.

Un sourd grognement des haveurs accueillit ces paroles.La force de la hiérarchie les retenait seule, cette hiérar-chie militaire qui, du galibot au maître-porion, les cour-bait les uns sous les autres. Chaval et Levaque pourtanteurent un geste furieux, tandis que Maheu les modéraitdu regard et que Zacharie haussait gouailleusement lesépaules. Mais Étienne était peut-être le plus frémissant.Depuis quil se trouvait au fond de cet enfer, une révoltelente le soulevait. Il regarda Catherine résignée, léchinebasse. Était-ce possible quon se tuât à une si dure besogne,dans ces ténèbres mortelles, et quon ny gagnât mêmepas les quelques sous du pain quotidien ?

Cependant, Négrel sen allait avec Dansaert, qui sétaitcontenté dapprouver dun mouvement continu de latête. Et leurs voix, de nouveau, sélevèrent: ils venaientde sarrêter encore, ils examinaient le boisage de la galerie,dont les haveurs avaient lentretien sur une longueur dedix mètres, en arrière de la taille.