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LES ROUGON-MACQUART.
nuit et jour des insectes humains fouissant la roche, àsix cents mètres sous les champs de betteraves.
Cependant, les gamins marchaient les premiers. Jean-lin confiait à Bébert un plan compliqué, pour avoir àcrédit quatre sous de tabac; tandis que Lydie, respectueu-sement, venait à distance. Catherine suivait avec Zacha-rie et Étienne. Aucun ne parlait. Et ce fut seulement de-vant le cabaret de l’Avantage, que Maheu et Levaque lesrejoignirent. •
— Nous y sommes, dit le premier à Étienne. Voulez-vous entrer?
On se sépara. Catherine était restée un instant immo-bile, regardant une dernière fois le jeune homme de sesgrands yeux, d’une limpidité verdâtre d’eau de source, etdont le visage noir creusait encore le cristal. Elle sourit,elle disparut avec les autres, sur le chemin montant quiconduisait au coron.
Le cabaret se trouvait entre le village et la fosse, aucroisement des deux routes. C’était une maison de bri-ques à deux étages, blanchie du haut en bas à la chaux,égayée autour des fenêtres d’une large bordure bleu ciel.Sur une enseigne carrée, clouée au-dessus de la porte, onlisait en lettres jaunes : A l’Avantage, débit tenu parRasseneur. Derrière, s’allongeait un jeu de quilles, closd’une haie vive. Et la Compagnie, qui avait tout fait pouracheter ce lopin, enclavé dans ses vastes terres, ôtait dé-solée de ce cabaret, poussé en pleins champs, ouvertà la sortie même du Voreux.
— Entrez, répéta Maheu à Étienne.
La salle, petite, avait une nudité claire, avec ses mursblancs, ses trois tables et sa douzaine de chaises, soncomptoir de sapin, grand comme un buffet de cuisine.Une dizaine de chopes au plus étaient là, trois bou-teilles de liqueur, une carafe, une petite caisse de zinc àrobinet d’étain, pour la bière; et rien autre, pas une