LES ROUGON-MACQÜÀRT.
rière une palissade, desservant la fosse. On devait des-cendre les derniers mineurs de la coupe à terre. Seul, unwagon que poussaient des hommes, jetait un cri aigu.Ce n’était plus l’inconnu des ténèbres, les tonnerres inex-plicables, les flamboiements d’astres ignorés. Au loin, leshauts fo urneaux et les fours à coke avaient pâli avec l’aube.Il ne restait là, sans un arrêt, que l’échappement de lapompe, soufflant toujours de la même haleine grosse etlongue, l’haleine d’un ogre dont il distinguait la buéegrise maintenant, et que rien ne pouvait repaître.
Alors, Étienne, brusquement, se décida. Peut-être avait-il cru revoir les yeux clairs de Catherine, là-haut, à l’en-trée du coron. Peut-être était-ce plutôt un vent de révolte,qui venait du Voreux. Il ne savait pas, il voulait redes-cendre dans la mine pour souffrir et se battre, il songeaitviolemment à ces gens dont parlait Bonnemort, à cedieu repu et accroupi, auquel dix mille affamés donnaientleur chair, sans le connaître