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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

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mine. Ça remonterait, Dieu nétait pas si solide. Puis, àeette croyance religieuse, se mêlait une profonde gra-titude pour une valeur, qui, depuis un siècle, nourrissaitla famille à ne rien faire. Cétait comme une divinité àeux, que leur égoïsme entourait dun culte, la bienfai-trice du foyer, les berçant dans leur grand lit de pa-resse, les engraissant à leur table gourmande. De pèreen fils, cela durait : pourquoi risquer de mécontenter lesort, en doutant de lui? Et il y avait, au fond de leurfidélité, une terreur superstitieuse, la crainte que le mil-lion du denier ne se fût brusquement fondu, sils la-vaient réalisé et mis dans un tiroir. Ils le voyaient plusà labri dans la terre, d un peuple de mineurs, desgénérations daffamés lextrayaient pour eux, un peuchaque jour, selon leurs besoins.

Du reste, les bonheurs pleuvaient sur cette maison.M. Grégoire, très jeune, avait épousé la fille dun phar-macien de Marchiennes, une demoiselle laide, sans unsou, quil adorait et qui lui avait tout rendu, en félicité.Elle sétait enfermée dans son ménage, extasiée devantson mari, nayant dautre volonté que la sienne; ja-mais des goûts différents ne les séparaient, un mêmeidéal de bien-être confondait leurs désirs; et ils vi-vaient ainsi depuis quarante ans, de tendresses et depetits soins réeiproques. Cétait une existence réglée, lesquarante mille francs mangés sans bruit, les économiesdépensées pour Cécile, dont la naissance tardive avait uninstant bouleversé le budget. Aujourdhui encore, ils con-tentaient chacun de ses caprices : un second cheval, deuxautres voitures, des toilettes venues de Paris. Mais ilsgoûtaient une joie de plus, ils ne trouvaient rien detrop beau pour leur fille, avec une telle horreur person-nelle de létalage, quils avaient gardé les modes de leurieunesse. Toute dépense qui ne profitait pas, leur sem-blait stupide.

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