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LES ROUGON-MACQUART.
longs bâtiments d’usine, de hautes cheminées crachantde la suie, salissant cette campagne ravagée de fau-bourg industriel. Derrière un bouquet de peupliers, lavieille fosse Réquillart montrait l’écroulement de sonbeffroi, dont les grosses charpentes restaient seulesdebout. Et, tournant à droite, la Maheude ae trouva surla grande route.
— Attends! attends! sale cochon! cria-t-elle, je vas tefaire rouler des boulettes!
Maintenant, c’était Henri qui avait pris une poignéede boue et qui la pétrissait. Les deux enfants, gifléssans préférence, rentrèrent dans l'ordre, en louchantpour voir les patards qu’ils faisaient au milieu des tas.Ils pataugeaient, déjà éreintés de leurs efforts pourdécoller leurs semelles, à chaque enjambée.
Du côté de Marchiennes, la route déroulait ses deuxlieues de pavé, qui filaient droit comme un ruban trempéde cambouis, entre les terres rougeâtres. Mais, de l’autrecôté, elle descendait en lacet au travers de Montsou,bâti sur la pente d’une large ondulation de la plaine. Cesroutes du Nord, tirées au cordeau entre des villes manu-facturières, allant avec des courbes douces, des montéeslentes, se bâtissent peu à peu, tendent à ne faire d’undépartement qu’une cité travailleuse. Les petites maisonsde briques, peinturlurées pour égayer le climat, les unesjaunes, les autres bleues, d’autres noires, celles-ci sansdoute afin d’arriver tout de suite au noir final, dévalaientà droite et à gauche, en serpentant jusqu’au bas de lapente. Quelques grands pavillons à deux étages, deshabitations de chefs d’usine, trouaient la ligne presséedes étroites façades. Une église, également en briques,ressemblait à un nouveau modèle de haut fourneau,avec son clocher carré, sali déjà par les poussièresvolantes du charbon. Et, parmi les sucreries, les corde-ries, les minoteries, ce qui dominait, c’étaient les bals,