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Germinal / par Émile Zola
Entstehung
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LES ROUGON-MACQUART.

longs bâtiments dusine, de hautes cheminées crachantde la suie, salissant cette campagne ravagée de fau-bourg industriel. Derrière un bouquet de peupliers, lavieille fosse Réquillart montrait lécroulement de sonbeffroi, dont les grosses charpentes restaient seulesdebout. Et, tournant à droite, la Maheude ae trouva surla grande route.

Attends! attends! sale cochon! cria-t-elle, je vas tefaire rouler des boulettes!

Maintenant, cétait Henri qui avait pris une poignéede boue et qui la pétrissait. Les deux enfants, gifléssans préférence, rentrèrent dans l'ordre, en louchantpour voir les patards quils faisaient au milieu des tas.Ils pataugeaient, déjà éreintés de leurs efforts pourdécoller leurs semelles, à chaque enjambée.

Du côté de Marchiennes, la route déroulait ses deuxlieues de pavé, qui filaient droit comme un ruban trempéde cambouis, entre les terres rougeâtres. Mais, de lautrecôté, elle descendait en lacet au travers de Montsou,bâti sur la pente dune large ondulation de la plaine. Cesroutes du Nord, tirées au cordeau entre des villes manu-facturières, allant avec des courbes douces, des montéeslentes, se bâtissent peu à peu, tendent à ne faire dundépartement quune cité travailleuse. Les petites maisonsde briques, peinturlurées pour égayer le climat, les unesjaunes, les autres bleues, dautres noires, celles-ci sansdoute afin darriver tout de suite au noir final, dévalaientà droite et à gauche, en serpentant jusquau bas de lapente. Quelques grands pavillons à deux étages, deshabitations de chefs dusine, trouaient la ligne presséedes étroites façades. Une église, également en briques,ressemblait à un nouveau modèle de haut fourneau,avec son clocher carré, sali déjà par les poussièresvolantes du charbon. Et, parmi les sucreries, les corde-ries, les minoteries, ce qui dominait, cétaient les bals,