GERMINAL.
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et Henri, en train de ramasser des coquilles de noix, je-tées au ruisseau, et qu’ils visitaient.
— Ça ne vous portera pas chance, monsieur Maigrat,rappelez-vous !
Maintenant, il ne lui restait que les bourgeois de laPiolaine. Si ceux-là ne lâchaient pas cent sous, on pou-vait tous se coucher et crever. Elle avait pris à gauche lechemin de Joiselle. La Régie était là, dans l’angle de laroute, un véritable palais de briques, où les gros mes-sieurs de Paris, et des princes, et des généraux, et despersonnages du gouvernement, venaient chaque automnedonner de grands dîners. Elle, tout en marchant, dépen-sait déjà les cent sous : d’abord du pain, puis du café;ensuite, un quart de beurre, un boisseau de pommesde terre, pour la soupe du matin et la ratatouille du soir ;enfin, peut-être un peu de fromage de cochon, car lepère avait besoin de viande.
Le curé de Montsou, l’abbé Joire, passait en retrous-sant sa soutane, avec des délicatesses de gros chat biennourri, qui craint de mouiller sa robe. Il était doux,il affectait de ne s’occuper de rien, pour ne fâcher ni lesouvriers ni les patrons.
— Bonjour, monsieur le curé.
Il ne s’arrêta pas, sourit aux enfants, et la laissaplantée au milieu de laroute. Elle n’avait point de religion,mais elle s’était imaginé brusquement que ce prêtreallait lui donner quelque chose.
Et la course recommença, dans la boue noire et col-lante. Il y avait encore deux kilomètres, les petits se fai-saient tirer davantage, ne s’amusant plus, consternés.A droite et à gauche du chemin, se déroulaient les mêmesterrains vagues clos de palissades moussues, les mêmescorps de fabriques, salis de fumée, hérissés de chemi-nées hautes. Puis, en pleins champs, les terres platess’étalèrent, immenses, pareilles à un océan de mottes