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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

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quon nous envoie les gendarmes comme si nous étionsdes brigands, cest ici quil faut nous entendre ! Ici, noussommes libres, nous sommes chez nous, personne neviendra nous faire taire, pas plus quon ne fait taire lesoiseaux et les bêtes !

Un tonnerre lui répondit, des cris, des exclamations.

Oui, oui, la forêt est à nous, on a bien le droit dycauser... Parle !

Alors, Étienne se tint un instant immobile sur le troncdarbre. La lune, trop basse encore à lhorizon, néclai-rait toujours que les branches hautes; et la foule restaitnoyée de ténèbres, peu à peu calmée, silencieuse. Lui,noir également, faisait au-dessus delle, en haut de lapente, une barre dombre.

Il leva un bras dans un geste lent, il commença; maissa voix ne grondait plus, il avait pris le ton froid dunsimple mandataire du peuple qui rend ses comptes.Enfin, il plaçait le discours que le commissaire de policelui avait coupé au Bon-Joyeux; et il débutait par unhistorique rapide de la grève, en affeclant léloquencescientifique : des faits, rien que des faits. Dabord, il ditsa répugnance contre la grève : les mineurs ne lavaientpas voulue, cétait la Direction qui les avait provo-qués, avec son nouveau tarif de boisage. Puis, il rap-pela la première démarche des délégués chez le direc-teur, la mauvaise foi de la Régie, et plus tard, lors dela seconde démarche, sa concession tardive, les dix cen-times quelle rendait, après avoir tâché de les voler.Maintenant, on en était, il établissait par des chiffresle vide de la caisse de prévoyance, indiquait lemploides secours envoyés, excusait en quelques phraseslInternationale, Pluchart et les autres, de ne pouvoirfaire davantage pour eux, au milieu des soucis de leurconquête du monde. Donc, la situation saggravait dejour en jour, la Compagnie renvoyait les livrets et me-

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