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Germinal / par Émile Zola
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LES ROUGON-MACQUART.

Je ne leur en veux pas, je les excuse même, il fautêtre bêtes comme eux pour croire que nous nous achar-nons à leur malheur. Seulement, je réponds de la tran-quillité... Dire quil y a des gendarmes par les routes, àce quon maffirme, et que, depuis ce matin, je nai pu enavoir un seul !

Il sinterrompit, il seffaça devant madame Grégoire,en disant :

Je vous en prie, madame, ne restez pas, entrezdans le salon.

Mais la cuisinière, qui montait du sous-sol, exaspérée,les retint dans le vestibule quelques minutes encore. Elledéclara quelle nacceptait plus la responsabilité dudîner, car elle attendait, de chez le pâtissier de Marchien-nes, des croûtes de vol-au-vent, quelle avait demandéespour quatre heures. Evidemment, le pâtissier sétait égaréen chemin, pris de la peur de ces bandits. Peut-êtremême avait-on pillé ses mannes. Elle voyait les vol-au-vent bloqués derrière un buisson, assiégés, gon-flant les ventres des trois mille misérables qui deman-daient du pain. En tous cas, monsieur était prévenu, ellepréférait flanquer son dîner au feu, si elle le ratait, àcause de la révolution.

Un peu de patience, dit M. Hennebeau. Rien nestperdu, le pâtissier peut venir.

Et, comme il se retournait vers madame Grégoire, enouvrant lui-même la porte du salon, il fut très surprisdapercevoir, assis sur la banquette du vestibule, unhomme quil navait pas distingué jusque-, dans lom-bre croissante.

Tiens 1 cest vous, Maigrat, quy a-t-il donc?

Maigrat sétait levé, et son visage apparut, gras et

blême, décomposé par lépouvante. Il navait plus sacarrure de gros homme calme, il expliqua humblementquil sétait glissé chez monsieur le directeur, pour