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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

40S

réclamer aide et protection, si les brigands s attaquaientà son magasin.

Vous voyez que je suis menacé moi-même et que jenai personne, répondit M. Hennebeau. Vous auriez mieuxfait de rester chez vous, à garder vos marchandises.

Oh! jai mis les barres de fer, puis jai laissé mafemme.

Le directeur simpatienta, sans cacher son mépris. Unebelle garde, que cette créature chétive, maigrie de coups !

Enfin, je ny peux rien, tâchez de vous défendre. Etje vous conseille de rentrer tout de suite, car les voilàqui demandent encore du pain... Écoutez.

En effet, le tumulte reprenait, et Maigrat crut entendreson nom, au milieu des cris. Rentrer, ce nétait pluspossible, on laurait écharpé. Dautre part, lidée de saruine le bouleversait. Il colla son visage au panneauvitré de la porte, suant, tremblant, guettant le désastre;tandis que les Grégoire se décidaient à passer dansle salon.

Tranquillement, M. Hennebeau affectait de faire leshonneurs de chez lui. Mais il priait en vain ses invités desasseoir, la pièce close, barricadée, éclairée de deuxlampes avant la tombée du jour, semplissait deffroi, àchaque nouvelle clameur du dehors. Dans létouffementdes tentures, la colère de la foule ronflait, plus inquié-tante, dune menace vague et terrible. On causa pourtant,sans cesse ramené à cette inconcevable révolte. Lui,sétonnait de navoir rien prévu; et sa police était si malfaite, quil semportait surtout contre Rasseneur, dont ildisait reconnaître linfluence détestable. Du reste, lesgendarmes allaient venir, il était impossible quon laban-donnât de la sorte. Quant aux Grégoire, ils ne pensaientquà leur fille: la pauvre chérie qui seffrayait si vite!peut-être, devant le péril, la voiture était-elle retournée àMarchiennes. Pendant un quart dheure encore, lattente