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LES ROUGON-MACQUART.
dura, énervée par le vacarme de la route, par le bruit despierres tapant de temps à autre dans les volets fermés,qui sonnaient ainsi que des tambours. Cette situationn’était plus tolérable, M. Hennebeau parlait de sortir, dechasser à lui seul les braillards et d’aller au-devant dela voiture, lorsque Hippolyte parut en criant :
— Monsieur! monsieur! voici madame, on tue ma-dame !
La voiture n’ayant pu dépasser la ruelle de Réquil-lart, au milieu des groupes menaçants, Négrel avaitsuivi son idée, faire à pied les cent mètres qui les sépa-raient de l’hôtel, puis frapper àlapetite porte donnant surle jardin, près des communs : le jardinier les entendrait,il y aurait bien toujours là quelqu’un pour ouvrir. Et,d’abord, les choses avaient marché parfaitement, déjàmadame Hennebeau et ces demoiselles frappaient, lors-que des femmes, prévenues, se jetèrent dans la ruelle.Alors, tout se gâta. On n’ouvrait pas la porte, Négrelavait tâché vainement de l’enfoncer à coups d’épaule.Le flot des femmes croissait, il craignit d’être débordé,il prit le parti désespéré de pousser devant lui sa tanteet les jeunes filles, pour gagner le perron, au traversdes assiégeants. Mais cette manœuvre amena une bouscu-lade : on ne les lâchait pas, une bande hurlante lestraquait, tandis que la foule refluait de droite et de gau-che, sans comprendre encore, étonnée seulement de cesdames en toilette, perdues dans la bataille. A cette mi-nute, la confusion devint telle, qu’il se produisit un deces faits d’affolement qui restent inexplicables. Lucie etJeanne, arrivées au perron, s’étaient glissées par laporte que la femme de chambre entrebâillait; madameHennebeau avait réussi à les suivre; et, derrière elles,Négrel entra enfin, remit les verrous, persuadé qu’ilavait vu Cécile passer la première. Elle n’était plus là,disparue en route, emportée par une telle peur, qu’elle