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Germinal / par Émile Zola
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LES ROUGON-MACQUART.

dura, énervée par le vacarme de la route, par le bruit despierres tapant de temps à autre dans les volets fermés,qui sonnaient ainsi que des tambours. Cette situationnétait plus tolérable, M. Hennebeau parlait de sortir, dechasser à lui seul les braillards et daller au-devant dela voiture, lorsque Hippolyte parut en criant :

Monsieur! monsieur! voici madame, on tue ma-dame !

La voiture nayant pu dépasser la ruelle de Réquil-lart, au milieu des groupes menaçants, Négrel avaitsuivi son idée, faire à pied les cent mètres qui les sépa-raient de lhôtel, puis frapper àlapetite porte donnant surle jardin, près des communs : le jardinier les entendrait,il y aurait bien toujours quelquun pour ouvrir. Et,dabord, les choses avaient marché parfaitement, déjàmadame Hennebeau et ces demoiselles frappaient, lors-que des femmes, prévenues, se jetèrent dans la ruelle.Alors, tout se gâta. On nouvrait pas la porte, Négrelavait tâché vainement de lenfoncer à coups dépaule.Le flot des femmes croissait, il craignit dêtre débordé,il prit le parti désespéré de pousser devant lui sa tanteet les jeunes filles, pour gagner le perron, au traversdes assiégeants. Mais cette manœuvre amena une bouscu-lade : on ne les lâchait pas, une bande hurlante lestraquait, tandis que la foule refluait de droite et de gau-che, sans comprendre encore, étonnée seulement de cesdames en toilette, perdues dans la bataille. A cette mi-nute, la confusion devint telle, quil se produisit un deces faits daffolement qui restent inexplicables. Lucie etJeanne, arrivées au perron, sétaient glissées par laporte que la femme de chambre entrebâillait; madameHennebeau avait réussi à les suivre; et, derrière elles,Négrel entra enfin, remit les verrous, persuadé quilavait vu Cécile passer la première. Elle nétait plus,disparue en route, emportée par une telle peur, quelle