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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL. 433

Justement, Levaque arrivait à son tour, en amenant deforce Bouteloup.

Voici le camarade, quil dise un peu sil a donnévingt sous à ma femme, pour coucher avec.

Le logeur, cachant sa douceur effarée dans sa grandebarbe, protestait, bégayait.

Oh! ça, non, jamais rien, jamais !

Du coup, Levaque devint menaçant, le poing sous lenez de Maheu.

Tu sais, ça ne me va pas. Quand on a une femmecomme ça, on lui casse les reins... Cest donc que tu croisce quelle a dit?

Mais, nom de Dieu ! sécria Maheu, furieux détretiré de son accablement, quest-ce que cest encore quetous ces potins? Est-ce quon na pas assez de ses misères?Fous-moi la paix ou je tape!... Et, dabord, qui a dit quema femme lavait dit?

Qui la dit?... Cest la Pierronne qui la dit.

La Maheude éclata dun rire aigu; et, revenant vers laLevaque :

Ah ! cest la Pierronne... Eh bien ! je puis te direce quelle ma dit, à moi. Oui ! elle ma dit que tu cou-chais avec tes deux hommes, lun dessous et lautredessus !

Dès lors, il ne fut plus possible de sentendre. Tous sefâchaient, les Levaque renvoyaient comme réponse auxMaheu que la Pierronne en avait dit bien dautres surleur compte, et quils avaient vendu Catherine, et quilssétaient pourris ensemble, jusquaux petits, avec unesaleté prise par Étienne au Volcan.

Elle a dit ça, elle a dit ça, hurla Maheu. Cest bon!jy vais, moi, et si elle dit quelle Ta dit, je lui colle mamain sur la gueule.

11 sétait élancé dehors, les Levaque le suivirent pourtémoigner, tandis que Bouteloup, ayant horreur des