Buch 
Germinal / par Émile Zola
Entstehung
JPEG-Download
 

436

LES ROUGON-MACQUART.

disputes, rentrait furtivement. Allumée par lexpli-cation, la Maheude sortait aussi, lorsquune plaintedAlzire la retint. Elle croisa les bouts de la couverturesur le corps frissonnant de la petite, elle retourna seplanter devant la fenêtre, les yeux perdus. Et ce méde-cin qui narrivait pas!

A la porte des Pierron, Maheu et les Levaque ren-contrèrent Lydie, qui piétinait dans la neige. La maisonétait close, un filet de lumière passait par la fente dunvolet ; et lenfant répondit dabord avec gêne aux ques-tions : non, son papa ny était pas, il était allé au lavoirrejoindre la mère Brûlé, pour rapporter le paquet delinge. Elle se troubla ensuite, refusa de dire ce que samaman faisait. Enfin, elle lâcha tout, dans un rire sour-nois de rancune : sa maman lavait flanquée à la porte,parce que M. Dansaert était, et quelle les empêchaitde causer. Celui-ci, depuis le matin, se promenait dansle coron, avec deux gendarmes, tâchant de racoler desouvriers, pesant sur les faibles, annonçant partout que,si lon ne descendait pas le lundi au Voreux, la Com-pagnie était décidée à embaucher des Borains. Et,comme la nuit tombait, il avait renvoyé les gendarmes,en trouvant la Pierronne seule; puis, il était resté chezelle à boire un verre de genièvre, devant le bon feu.

Chut! taisez-vous, faut les voir! murmura Levaque,avec un rire de paillardise. On sexpliquera tout àlheure... Ya-ten, toi, petite garce !

Lydie recula de quelques pas, pendant quil mettaitun œil à la fente du volet. Il étouffa de petits cris, sonéchine se renflait, dans un frémissement. A son tour,la Levaque regarda; mais elle dit, comme prise decoliques, que ça la dégoûtait. Maheu, qui lavait pous-sée, voulant voir aussi, déclara quon en avait pour sonargent. Et ils recommencèrent, à la file, chacun soncoup dœil, ainsi ,quà la comédie. La salle, reluisante de