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Germinal / par Émile Zola
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LES ROUGON-MA.CQUART.

Et il sen alla, il entra catéchiser les Levaque â leurtour, si haut dans son rêve du triomphe final de lÉglise,ayant pour les faits un tel dédain, quil courait ainsi lescorons, sans aumônes, les mains vides au travers de cettearmée mourante de faim, en pauvre diable lui-même quiregardait la souffrance comme laiguillon du salut.

Maheu marchait toujours, on nentendait que cet ébran-lement régulier, dont les dalles tremblaient. Il y eut unbruit de poulie mangée de rouille, le vieux Bonnemortcracha dans la cheminée froide. Puis, la cadence despas recommença. Alzire, assoupie par la fièvre, sétaitmise à délirer à voix basse, riant, croyant quil faisaitchaud et quelle jouait au soleil.

Sacré bon sort! murmura la Maheude, après luiavoir touché les joues, la voilà qui brûle à présent... Jenattends plus ce cochon, les brigands lui auront dé-fendu de venir.

Elle parlait du docteur et de la Compagnie. Pourtant,elle eut une exclamation de joie, en voyant la portesouvrir de nouveau. Mais ses bras retombèrent, elleresta toute droite, le visage sombre.

Bonsoir, dit à demi-voix Étienne, lorsquil eut soi-gneusement refermé la porte.

Souvent, il arrivait ainsi, à la nuit noire. Les Maheu,dès le second jour, avaient appris sa retraite. Mais ilsgardaient le secret, personne dans le coron ne savait aujuste ce quétait devenu le jeune homme. Cela lentouraitdune légende. On continuait à croire en lui, des bruitsmystérieux couraient : il allait reparaître avec une ar-mée, avec des caisses pleines dor; et cétait toujourslattente religieuse d'un miracle, lidéal réalisé, lentréebrusque dans la cité de justice quil leur avait promise.Les uns disaient lavoir vu au fond dune calèche, en com-pagnie de trois messieurs, sur la route de Marchiennes ;dautres affirmaient quil était encore pour deux jours