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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

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en Angleterre. À la longue, cependant, la méfiance com-mençait, des farceurs laccusaient de se cacher dansune cave, la Mouquette lui tenait chaud; car cetteliaison connue lui avait fait du tort. Cétait, au milieu desa popularité, une lente désaffection, la sourde pousséedes convaincus pris de désespoir, et dont le nombre,peu à peu, devait grossir.

Quel chien de temps! ajouta-t-il. Et vous, rien denouveau, toujours de pire en pire ?... On ma dit quele petit Négrel était parti en Belgique chercher desBorains. Ah ! nom de Dieu, nous sommes fichus, si cestvrai!

Un frisson lavait saisi, en entrant dans cette pièce gla-cée et obscure, ses yeux durent saccoutumer pourvoir les malheureux, quil y devinait, à un redoublementdombre. Il éprouvait cette répugnance, ce malaise delouvrier sorti de sa classe, affiné par létude, travaillépar lambition. Quelle misère, et lodeur, et les corps entas, et la pitié affreuse qui le serrait à la gorge! Le spec-tacle de cette agonie le bouleversait à un tel point, quilcherchait des paroles, pour leur conseiller la soumission.

Mais, violemment, Maheu sétait planté devant lui,criant :

Des Borains ! ils noseront pas, les jeans-foutre !...Quils fassent donc descendre des Borains, sils veulentque nous démolissions les fosses !

Dun air de gêne, Étienne expliqua quon ne pourraitpas bouger, que les soldats qui gardaient les fossesprotégeraient la descente des ouvriers belges. Et Maheuserrait les poings, irrité surtout, comme il le disait, da-voir ces bayonnettes dans le dos. Alors, les charbonniersnétaient plus les maîtres chez eux? on les traitait doncen galériens, pour les forcer au travail, le fusil chargé?11 aimait son puits, ça lui faisait une grosse peine de nyêtre pas descendu depuis deux mois. Aussi voyait-il