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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

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quart dheuré plus tard, comme la bande des grévistes,peu à peu grossie, devenait menaçante, une large portese rouvrit au rez-de-chaussée, des hommes parurent,charriant la béte morte, un paquet lamentable, encoreserré dans le filet de corde, quils abandonnèrent aumilieu des flaques de neige fondue. Le saisissement futtel, quon ne les empêcha pas de rentrer et de barricaderla porte de nouveau. Tous avaient reconnu le cheval, àsa tête repliée et raidie contre le flanc. Des chuchote-ments coururent.

Cest Trompette, nest-ce pas? cest Trompette.

Cétait Trompette, en effet. Depuis sa descente, jamaisil navait pu sacclimater. Il restait morne, sans goût à labesogne, comme torturé du regret de la lumière. Vaine-ment, Bataille, le doyen de la mine, le frottait amicale-ment de ses côtes, lui mordillait le cou, pour lui donnerun peu de la résignation de ses dix années de fond. Cescaresses redoublaient sa mélancolie, son poil frémissaitsous les confidences du camarade vieilli dans les ténè-bres ; et tous deux, chaque fois quils se rencontraient etquils sébrouaient ensemble, avaient lair de se lamenter,le vieux den être à ne plus se souvenir, le jeune de nepouvoir oublier. A lécurie, voisins de mangeoire, ils vi-vaient la tête basse, se soufflant aux naseaux, échangeantleur continuel rêve du jour, des visions dherbes vertes,de routes blanches, declartésjaunes,àlinfini.Puis, quandTrompette, trempé de sueur, avait agonisé sur sa litière,Bataille sétait mis à le flairer désespérément, avec desreniflements courts, pareils à des sanglots. Il le sentaitdevenir froid, la mine lui prenait sa joie dernière, cetami tombé den haut, frais de bonnes odeurs, qui luirappelaient sa jeunesse au plein air. Et il avait cassé salonge, hennissant de peur, lorsquil sétait aperçu quelautre ne remuait plus.

Mouque, du reste, avertissait depuis huit jours le