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Germinal / par Émile Zola
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GÈRMINAL.

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Va, mon enfant.

Les larmes quelle étouffait ruisselèrent alors. Ellepleurait longuement, ne trouvant même pas la force dese lever, ne sachant plus si elle avait faim, souffrant dunedouleur qui la tenait dans tout le corps. Lui, sétait misdebout, allait et venait, battait vainement le rappel desmineurs, enragé de ce reste de vie quon lobligeait àvivre, collé au rival quil exécrait. Pas même assezde place pour crever loin lun de lautre ! Dès quil avaitfait dix pas, il devait revenir et se cogner contre cethomme. Et elle, la triste fille, quils se disputaientjusque dans la terre ! Elle serait au dernier vivant, cethomme la lui volerait encore, si lui partait le premier.Ça nen finissait pas, les heures suivaient les heures,la révoltante promiscuité saggravait, avec lempoison-nement des haleines, lordure des besoins satisfaits encommun. Deux fois, il se rua sur les roches, commepour les ouvrir à coups de poing.

Une nouvelle journée sachevait, etChaval sétait assisprès de Catherine, partageant avec elle sa dernièremoitié de tartine. Elle mâchait les bouchées péniblement,il les lui faisait payer chacune dune caresse, dans son en-têtement de jaloux qui ne voulait pas mourir sans la ra-voir, devant lautre. . Epuisée, elle sabandonnait. Mais,lorsquil tâcha de la prendre, elle se plaignit.

Oh ! laisse, tu me casses les os.

Étienne, frémissant, avait posé son front contre les bois,pour ne pas voir. Il revint dun bond, affolé.

Laisse-la, nom de Dieu !

Est-ce que ça te regarde? dit Chaval. Cest mafemme, elle est à moi peut-être !

Et il la reprit, et il la serra, par bravade, lui écrasantsur la bouche ses moustaches rouges, continuant :

Fiche-nous la paix, hein ! Fais-nous le plaisirVoir-bas si nous y sommes.

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