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Germinal / par Émile Zola
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GERMINAL.

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battre son cœur, la joie animale d'un appétit enfin satis-fait. Il eut ensuite un orgueil, lorgueil du plus fort. Lepetit soldat lui était apparu, la gorge trouée dun cou-teau, tué par un enfant. Lui aussi, avait tué.

Mais Catherine, toute droite, poussait un grand cri.

Mon Dieu ! il est mort !

Tu le regrettes? demanda Étienne farouche.

Elle suffoquait, elle balbutiait. Puis, chancelante, elle sejeta dans ses bras.

Ah ! tue-moi aussi, ah ! mourons tous les deux !

Dune étreinte, elle sattachait à ses épaules, et il

létreignait également, et ils espérèrent quils allaientmourir. Mais la mort navait pas de hâte, ils dénouèrentleurs bras. Puis, tandis quelle se cachait les yeux, iltraîna le misérable, il le jeta dans le plan incliné, pourlôter de lespace étroit il fallait vivre encore. La vienaurait plus été possible, avec ce cadavre sous les pieds.Et ils sépouvantèrent, lorsquils lentendirent plonger,au milieu dun rejaillissement décume. Leau avait doncempli déjà ce trou? Ils laperçurent, elle déborda dansla galerie.

Alors, ce fut une lutte nouvelle. Ils avaient allumé ladernière lampe, elle sépuisait en éclairant la crue, dontla hausse régulière, entêtée, ne sarrêtait pas. Ils eurentdabord de leau aux chevilles, puis elle leur mouilla lesgenoux. La voie montait, ils se réfugièrent au fond, ce quileur donna un répit de quelques heures. Mais le flot lesrattrapa, ils baignèrent jusquà la ceinture. Debout, ac-culés, léchine collée contre la roche, ils la regardaientcroître, toujours, toujours. Quand elle atteindrait leurbouche, ce serait fini. La lampe, quils avaient accrochée,jaunissait la houle rapide des petites ondes; elle pâlit,ils ne distinguèrent plus quun demi-cercle diminuantsans cesse, comme mangé par lombre qui semblaitgrandir avec le flux; et, brusquement, lombre les enve-