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Germinal / par Émile Zola
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LES ROUGON-MACQUART.

de Catherine, agitée de fièvre, tourmentée à présent dunbesoin de paroles et de gestes. Les bourdonnements de sesoreilles étaient devenus des murmures deau courante,des chants doiseaux; et elle sentait un violent parfumdherbes écrasées, et elle voyait clair, de grandes tachesjaunes volaient devant ses yeux, si larges, quelle secroyait dehors, près du canal, dans les blés, par unejournée de beau soleil.

Hein? fait-il chaud!.. Prends-moi donc, restonsensemble, oh ! toujours, toujours!

II la serrait, elle se caressait contre lui, longuement,continuant dans un bavardage de fille heureuse :

Avons-nous été bêtes dattendre si longtemps!Tout de suite, jaurais bien voulu de toi, et tu nas pascompris, tu as boudé... Puis, tu te rappelles, chez nous,la nuit, quand nous ne dormions pas, le nez en lair, ànous écouter respirer, avec la grosse envie de nousprendre?

Il fut gagné par sa gaieté, il plaisanta les souvenirs deleur muette tendresse.

Tu mas battu une fois, oui, oui! des soufflets surles deux joues !

Cest que je taimais, murmura-t-elle. Vois-tu, je medéfendais de songer à toi, je me disais que cétait bienfini; et, au fond, je savais quun jour ou lautre nousnous mettrions ensemble... Il ne fallait quune occasion,quelque chance heureuse, nest-ce pas?

Un frisson le glaçait, il voulut secouer ce rêve, puis ilrépéta lentement :

Rien nest jamais fini, il suffit dun peu de bonheurpour que tout recommence.

Alors, tu me gardes, cest le bon coup, cette fois?

Et, défaillante, elle glissa. Elle était si faible, que sa

voix assourdie séteignait. Effrayé, il lavait retenue surson cœur.