ll{ MOEÜRS, VOYAGES ET VOYAGEURS
clare que « les droits preloves par leskhans des Tatars« sur lc territoirc de la forteresse de Soudjak-Kalessi« sonta jarnais abandonnes par la Ilussie; et que cette« derniere reconnait ladite forteresse comme apparte-« nant, en toute souvcrainete, ä la Porte. » Cet artielecurieux suppose, d’abord que la forteresse de Soudjak-Kalessi, conslruite parun Cireassien, serait revendiqueepar les Tatars : il suppose ensuite que ces derniers au-raient cede leurs droits imaginairesä la Ilussie; et ilsuppose enfin que la Ilussie transferant ses memesdroits, pourrait les conferer ä la Porte-Ottoinane. Cetour de force diplomatique, compose de trois fictionsencbevetrees, ne frappait encore qu’un seul point dupays, une petite forteresse etson territoire; mais ilsous-entendait,et lä etait Phabilete,la souverainetdlegitimedu Sultan sur tout le resto de la Circassie. On savaitbien que le Sultan ne serait pas assez fort pour de-fendre longtemps cette pretendue possession lointaine,et qu’au premier moment il cederait volontiers leroyaume sans sujets, sans impöts et sans benefices,—royaume dont la Russie avait enrichi sa couronne.Dejä la Russie s’etait avancee jusqu’ä Taganrog, ets’etait emparee de la mer d’Azof. En -1784, eile s’ad-jugea la Crimee, l’ile de Taman et l’embouchure duCouban. En 1787 eile profita de la guerrc declareeentre eile et la Turquie pour envahir la Circassie;mais eile trouva un peuple brave, hero'ique et de-termine ä ne pas se laisser traiter comme un trou-peau que les bergers vendent, que les bouchers ache-tent. La forteresse de Soudjak-Kalessi, pretexte del’invasion russe, sauta; les Circassieus y mirent eux-mernes le feu. Pendant seize annees conseculives, ils