DES LIVP.ES ET DES MAXCSCRITS
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emprunte le costume de Rowley; Macpherson, celuid’Ossian; Ireland, celui de Shakspeare. Ireland, Chargede l’execration de ses compatriotes, irrites d'un telsacrilege envers leur Dieu, est mort dans un grenier.Chalterton, convaincu de fraude, s’est suicide pardesespoir. Macpherson, le plus impudent des trois,a ete recompense par des titres et de la fortuue. II afonde uae ecole, trompe les hommes de genie, meta-morphose un barde sauvage en imitateur de Milton,de Shakspeare, d’Young et de la Bible; et precipiteplus d’un dcmi-siecle dans l’admiralion stupide d’unedes plus corapletes niaiseriesqui aient degu la critique.L’adresse de son charlatanisme et l’heureuse manipu-lation employee par lui assurerent une voguc si com-plete au pseudo-Ossian, qu’un homme d’espril enItalie, Cesarotti; un homme de genie en Allemagne,Goethe; un conquerant en France, Bonaparte, se pros-ternerent foliement devant l’idole. Quel sujet d’ironieinterieure ce devait 6tre pour Macpherson! II savaitque tout cc style et toutes ces idees, empruntees ä larhetorique la plus redondante, ä l’imitation bibliquola plus ridicule, ä un calque loiritain d’Homere et desScaldes lui appartenaient exclusivement. II savait dequoi se composaient les fragmenls barbares du vcritableOssian, fragmenls que l’on a retrouves et publies apreslui. La, dans ces fragments, au lieu du sublime depacotille et des exclamations lancees aux nuages queNapoleon faisait semblant d’admirer , le veritableOssian parle et respire. II dit ä saint Patrice : Cher mint,vous eies un grand äne! La, Fingal derobe a Gaul,fils de Morven, un bifsteck que ce dernier avaitaccommode avec des ognons : larcin qui occasionne