110 DES LIVRES ET DES MASUSCRITS
une grande querelle entre ces heros, et ne passe pointsans accompagnement de formidables injures.
Si des fraudes aussi evidentes ont eu cours et succesdans les temps modernes; si quelques-uns des plusilluslres critiques ont ete trompes par un peu d’artificeet beaucoup d’audace : quelle difficulte ne trouvera-t-on pas ä prouver l’authenticite des productions anti-ques, temoins de tant de catastrophes, prodiges deConservation, survivant aux empires et maintenantleur sainle jeunesse sur les debris des royaumesecoules!
La paleographie d’une pari, et d’une autre ia diplo-matique , deux Sciences inconnues ou meprisecs dupublic frivole, ont porte la lumiere dans ces tenebres.L’une eclaire la transmission des livres, revele leursepoques d’apparition et de renaissance, et fixe la datede tous ces depöts successifs ou. la pensee humaines’est maintenue intacte. L'autre, plus diflicilo et plusabstruse, s’est appliquee ä Ia connaissance des manus-crits, dont eile a fixe avec sagacite les dates precises etles auteurs probables. Gelte derniere etude, dont lesdonnees reposent sur une foule d’investigations deli-cates, de resultats patiemment obtenus et de supputa-tions habiles, est sortie tout armee de ces memesmonasteres, injustement dedaigoes, et qui pendant lemoyen äge ont couvert de leurs otnbres protectricesle debris des anliques lumieres. Le pere Mabillon et lepere Montfaucon, remarquabies tous deux par leurerudition ct par ia lucidite de leur osprit, ont donnesur la paleographie et la diplomatique des ouvragesadmirables, que Ton pourra completer et etendre sousbeaucoup de rapports, mais qui ont pose les grandes