3 jo - Eloge
quoi il mettoit tout cela à part, 8c ne leregardoit plus. Sa mémoire , qui étoicadmirable, ne se déchargeoit point, com-me à l’ordinaire , des choses qui étoientécrites, mais feulement récriture avoitété nécessaire pour les y graver â jamais.11 étoit toujours prêt à répondre fur tou-tes sortes de matières, 6c le Roi $ An-gleterre l’appelloit son Dictionnaire vivant.
II s’entretenoit volontiers avec toutessortes de personnes, Gens de Cour, Ar-tisans , Laboureurs , Soldats. II n’y aguere d’ignorant qui ne puisse aprendrequelque chose au plus savant homme dumonde, 6c en tout cas le savant s’instruitencore quand il fait bien considérer l’igno-rant. 11 s’entretenoit même souvent avecles Dames, 6c ne com p toi t point pourperdu le temps qu’il donnoit à leur con-versation. 11 se dépouilloit parfaitementavec elles du caraótere de Savant 6c dePhilosophe, caractères cependant presqueindélébiles 6c dont elles apercevroientbien finement 6c avec bien du dégoût lestraces les plus legeres. Cette facilité dese communiquer lefaisoit aimer de tout lemonde; un Savant illustre qui est popu-laire 6c familier c’cst presque un Princequi le seroit aussi ; le Prince a pourtantbeaucoup d’avantage.
M. Leib‘